L’homme est-il fait pour consommer du lait ? Cette question peut sembler anodine en premier lieu, mais aucune espèce animale ne boit de lait une fois adulte, et plus encore, aucune espèce animale ne boit le lait d’un autre animal.

Pourquoi faire simple quand on peut faire du profit ?

Le lait maternel existe pour nourrir les petits d’Homme. C’est simple. Nul besoin d’être agrégé en biologie pour comparer un bébé et un veau.

Le lait maternel contient trois fois moins de calcium que le lait de vache, l’espèce humaine a su s’en satisfaire sans recourir à des subterfuges pendant des milliers d’années. Le lait de vache contient plus de calcium car le squelette du veau est bien plus conséquent à construire que le notre. Le lait de femme contient lui deux fois plus de lactose que celui de la vache, un fait élémentaire à comprendre quand on sait que le lactose participe à l’élaboration de la myéline qui est un élément majeur pour le cerveau et le système nerveux.

La composition du lait maternel est très complexe, et elle évolue avec les jours/mois/années. Les scientifiques n’ont toujours pas terminé de l’étudier. Les industriels eux, maternisent le lait de vache par divers procédés afin que le corps des bébés ne réagisse plus avec des symptômes indésirables qui manifesteraient une intolérance.  Mais ces manipulations qui favorisent l’ingestion d’un aliment vont tromper les barrières naturels que le corps a mis des millions d’années à développer.

Comment en est-on arrivé là ? Un peu d’histoire

Mais qu’est-ce qui nous a conduit à consommer des produits laitiers tous les jours. Intéressons-nous à notre parcours d’anthropoïde.

La consommation régulière de lait d’animaux pour l’Homme se produit après la domestication animale.

Il existe dans l’histoire de l’Homme, une période, vers -10 000 avant J-C ou celui-ci se retrouve à intégrer un nouvel environnement. En plus d’être souvent inadéquat, cet environnement est peu propice (du fait d’une température et d’un ensoleillement inadapté) ; au développement des aliments qui lui sont prédestinés physiologiquement et définis comme”originels”. Ces conditions le conduisent à consommer des produits laitiers comme le lait, puis progressivement du fromage qui lui est plus transportable, durable, moins périssable.

Certes les  produits laitiers ont eut la capacité d’aider l’espèce humaine à subsister pour ne pas mourir de faim durant les périodes difficiles, mais ce contexte ne permet pas d’exclure qu’à plus ou moins long terme, ils puissent produire une toxicité pour l’organisme. Le laits est alcalinisant post-digestion lorsqu’il est consommé à l’état cru. Il reste néanmoins mucogène. Il devient acidifiant à l’état cuit, produisant des réactions inflammatoires importantes.

Selon la science, remplacer 1% de notre génome se calcule en millions d’années. Cette période permet à notre patrimoine génétique d’évoluer en faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises mutations. Il y a donc matière à s’interroger  sur notre capacité adaptative à consommer du lait adulte et de plus provenant d’autres animaux.

Au moyen Age raconte l’historien Bruno Laurioux, “Quand les laitages forment la base de l’alimentation, leur consommation constante est plutôt une marque de pauvreté. Elle symbolise aux yeux de beaucoup , l’arriération de certaines peuplades méprisées.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, on considère souvent le lait comme dangereux, vecteur de maladie du fait des microbes.

Première guerre mondiale

On sait que les habitudes acquises durant l’enfance ont tendance à perdurer une fois l’age adulte. Durant la première guerre mondiale pour raisons de praticité vis à vis des soldats ; le gouvernement demande des produits laitiers en conserve. C’est alors que d’énormes profits sont tirés de l’industrie du lait. Mais suite à la guerre les industriels confrontés à une baisse des commandes vont faire la promotion avec une cible toute trouvée : les mamans. En commençant par les hôpitaux.

Aujourd’hui, si la promotion des laits artificiels est devenu plus discrète dans les pays développés (bien que toujours bien présente dans les maternités), elle se poursuit toujours intensément en Afrique et en Amérique du Sud. Selon l’OMS, 1 million et demi de bébés meurent chaque année de n’avoir pas été nourris au sein. En plus de n’être pas totalement adapté aux bébés, il existe le fait que dans certaines régions, l’eau de coupage ne soit pas potable ou la stérilisation des biberons improbables.

Buvez du laitLe lait à l’école, comme pilier de propagande.

En 1934 le lobbying industriel du lait a conduit le gouvernement britannique à adopter le lait à l’école, comme supplément nutritionnel ; élevant le lait au rang d’aliment indispensable. En France, c’est en 1954 que les petits français suivront le même chemin à l’initiative de Pierre Mendès-France.

En observant la coupe d’une phalange d’homme de Néandertal à celle d’un de nos contemporain, on constate de grandes différences.

Chez Néandertal, la répartition du calcium est dense et aléatoire, ce qui garantit une souplesse et une résistance à l’os. Chez nos contemporains, le calcium semble s’être précipité jusqu’à rétrécir les tissus osseux et agrandir les alvéoles, les os en sont plus durs, et plus cassant.

Consommer du lait pour éviter l’ostéoporose ?

Lorsqu’on observe la nature, on remarque aisément qu’aucune espèce ne boit le lait d’un autre animal. Pourtant ils ne souffrent pas d’ostéoporose. Il est d’ailleurs déconseillé par les vétérinaires de donner du lait aux chatons, cela produit des désagréments et des diarrhées.

Les produits laitiers dans le monde

Pour des raisons culturelles et climatiques, la consommation de produits laitiers diverge selon les différents endroits du monde. Alors qu’en Afrique et en Asie, il n’existe quasiment pas de tradition d’élevage voués à la production laitière, l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande eux ont continuellement fait progresser cette pratique. Si donc les laitages protègent de l’ostéoporose, il doit y avoir une nette différence concernant cette pathologie entre ces pays consommateurs de laits et les autres. Or c’est tout l’inverse qui se produit.

C’est en Suède, Norvège, États-Unis, Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, Finlande, Australie et Nouvelle-Zélande que l’on consomme le plus de lait. Et c’est aussi dans ces pays que l’on constate le plus grand nombre de fractures du col du fémur. Les Suédois détiennent ce record concomitant de la plus grande consommation de lait et du plus grand nombre de fractures. Les Australiens et les Américains consomment trois fois plus de lait que les japonais, et supportent deux à trois fois plus de fractures du col du fémur. En Chine continental ou le lait est fort peu consommé, la fréquence des fractures du col du fémur est une des plus faible du monde. Fait intéressant aux Etats-Unis, les communautés Mexicains-Américains, et Afro-Américains consomment moins de laitage que les blancs. Ils ont deux fois moins de fracture du col du fémur.

Pour résumer, moins un pays consomme de lait, et plus les os de ses habitants sont solides. L’OMS a d’ailleurs identifié ce fait sous le nom de “paradoxe du calcium“.

L’avis de certains nutritionnistes sur la question

Certains nutritionnistes avancent le fait qu’il est normal qu’en Europe il y ait plus de cas d’ostéoporose du fait d’une plus grande durée de vie. Cette approche est réfutable car on peut observer et comparer les données de l’OMS concernant les taux par tranches d’age, de plus on ne vit pas plus vieux en France qu’au Japon dans des régions peu ou pas laitières.

D’autres nutritionnistes avancent que par exemple les Suédois manquent de vitamine D, ce qui impliquerait une plus grande faiblesse osseuse. Mais comment expliquer dans ce cas, qu’en Grèce et dans les pays de fort ensoleillement, les fractures augmentent de la même manière ? Le point commun qu’ont tous ces pays, c’est avant tout la consommation importante de laitage.

La protéine de lait qui déclenche les tumeurs

T. Colin Campbell a su démontrer qu’un consommation importante de protéines d’origine animale, et comprenant les produits laitiers (surtout la caséine, protéine du lait) étaient des facteurs aggravants pour les cancer.

Pour en savoir + :

Les protéines animales nourrissent le cancer

 

Croire les alertes régulières – et pourtant infondées- concernant les produit laitiers et leur propension à favoriser la formation de cancers, c’est priver son organisme d’une source importante de calcium, élément indispensable à la bonne santé des os.

Dr Serge Hercberg, président du comité de pilotage du PNNS, Juillet 2003.

 

Nos résultats confirment l’hypothèse que les produits laitiers ont un effet néfaste en ce qui concerne le risque de cancer de la prostate.

Dr Serge Hercberg, Mars 2006.

 

Le lait qui fait grandir

Chez la vache, le lait est riche en protéines, en graisse, en lactose, et en hormones. Il a vocation à permettre la croissance rapide du veau. Avec un poids de 50 kilos à la naissances, il multiplie par 8 son poids en un an. Chez l’Homme, il faut attendre les huit ans de l’enfant pour que celui-ci ai multiplié son poids par 8. Boire du lait toute sa vie revient à se shooter éternellement aux facteurs de croissance, et en subir les conséquences et contraintes physiques.

Des chercheurs américains ont mesurés plusieurs milliers d’enfants de 5 à 17 ans entre 1999 et 2002, et recueilli les données sur leurs habitudes alimentaires ; il en ressort qu’une consommation importante de lait prédit l”évolution de la taille.

Selon les données prises lors des recrutements des 38 000 soldats de l’armée française sous Louis XIV et sous Louis XVI, nous savons que les hommes mesuraient en moyenne 161,7 cm. En 1970, ils mesuraient 170,1cm.  Entre 1970 et 2003 le français moyen a gagné 2,5 cm pour la femme et 5cm pour l’homme. Il aura donc fallut 300 ans pour que l’homme prenne 8cm, puis 35 ans pour qu’il gagne 5,5cm !

Comment être en forme ?

Pour garder la forme, l’Homme doit avoir une alimentation majoritairement alcaline. L’acidose provoque un état inflammatoire chronique et explique en partie la montée de l’ostéoporose et la déminéralisation. Une alimentation acidifiante conduit l’organisme à puiser dans ses réserves minérales (dont les os) pour neutraliser les acides. Ce qui fait baisser la densité osseuse. Manger une majorité de fruits et de légumes majoritairement crus afin d’en préserver les vitamines et les enzymes, ainsi qu’une quantité de 10% de protéines (selon l’OMS) est suffisant.

Le calcium peut être trouvé dans les végétaux, comme ce fut le cas pour l’Homme durant plusieurs millions d’années. Par exemple, des analyses produites sur des singes du Guatemala montrent que les fruits, feuilles, fleurs et graines consommées leur apportent suffisamment de calcium.

Les algues comme la laitue de mer, la wakamé, les légumes verts comme les choux, les épinards, la roquette, les fruits à coque comme les amandes, les noisettes apportent du calcium de qualité.

Enfin pour ceux qui souhaitent garder une tolérance et consommer des produits laitiers, il peut être intéressant de se diriger vers le lait d’animaux de petites taille, plus proche de l’Homme, comme la chèvre ou la brebis. Avec pour objectif de favoriser le lait cru biologique, les faisselles crues, les fromages au lait cru.

 

Sources bibliographiques :

“Lait, mensonges et propagande” de Thierry Souccar

Le régime du plaisir” de Dominique Guyaux

 

Images :

https://www.pexels.com/photo/close-up-of-milk-against-blue-background-248412/

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